Systèmes en Musique – Jean-Marie Rens

Workshop – Conférence
Systèmes en Musique
Jean-Marie Rens

 

DIMANCHE, LE 21 JUIN 2026

Systèmes en Musique

10H00 – 13H00
&
14H00 – 17H00

SALLE DE CONFÉRENCES

 

Inscriptions recommandées : sattal@vdl.lu

 

Qu’est-ce qu’un « système » en musique ?

Les nombreuses et diverses définitions du mot « système » devraient nous mettre en garde devant l’ampleur d’un tel sujet.

Ce terme est-il le plus adéquat dans le domaine de la musique ? Ne faudrait-il pas plutôt parler de codes, de processus, voire de règles ? Peut-être, mais force est de constater que dans plusieurs ouvrages consacrés à la théorie musicale, c’est bien le mot système qui est utilisé. Ne parle-t-on pas de système tonal, de système dodécaphonique… ?

Que nous les appelions codes ou règles, ce qui est certain c’est que, tant dans notre musique occidentale que dans celles d’autres cultures, les systèmes, qu’ils soient présents avant la réalisation d’une œuvre ou qu’ils se fixent dans le feu de l’action, sont nécessaires, voire indispensables. C’est, en partie, grâce aux systèmes que nous pouvons éprouver une sensation de « cohérence » lorsque nous écoutons de la musique.

Certains systèmes sont communs à plusieurs compositeurs, voire plusieurs générations de compositeurs. C’est le cas pour Bach, Haydn, Mozart, Schubert ou encore Mahler qui utilisent ce qu’on appelle le « système tonal ».

Au début du XXe siècle, Arnold Schoenberg imaginera une musique atonale et dans la foulée le « système dodécaphonique » que des disciples et collègues comme Webern, Berg, ou encore Stravinsky dans sa dernière période partageront. Après la Seconde Guerre mondiale et sous l’impulsion de compositeurs comme Boulez, Stockhausen ou encore Pousseur, c’est le « système sériel » (appelé aussi sérialisme intégral) qui verra le jour.

Un système peut donc être partagé par plusieurs compositeurs aux esthétiques parfois très tranchées, mais il peut aussi être élaboré par un créateur en particulier et n’agir dans ce cas que sur son propre langage. C’est le cas pour Alexandre Scriabine qui imagine une syntaxe harmonique tout à fait singulière ou encore Arvo Pärt avec son système dit Tintinnabuli. Enfin, des compositeurs comme Boulez, Ligeti ou encore Stockhausen, élaborent parfois des systèmes très sophistiqués afin de composer une seule et unique œuvre.

Lors de cette journée d’étude, nous aborderons la problématique au travers de plusieurs époques allant du moyen âge aux musiques d’aujourd’hui, en passant par quelques spécificités liées au répertoire des jazzmen ainsi qu’à celles des musiques dites « médiatisées ».

Jean-Marie Rens

 

 

Jean-Marie Rens

Après ses études au Conservatoire de Bruxelles où il obtient entre autres les premiers prix d’harmonie, de contrepoint et de fugue, Jean-Marie Rens se perfectionne aux stages de composition « Acanthes » avec O. Messiaen, P. Boulez et T. Takemitsu.

Deux CD monographiques de ses œuvres ont été produits par Cyprès : « Vibrations » en 2003 et « Traces » en 2011. Le CD Traces lui vaudra d’être le lauréat des Octaves de la musique en 2012 – catégorie musique contemporaine. Toujours dans la catégorie musique contemporaine, il obtient en 2016 le Sabam Award.

Tout récemment, un nouveau CD publié par Cyprès reprend ses 11 folk songs d’ici et d’ailleurs.

Directeur honoraire de l’académie de Saint-Gilles, il est également professeur d’analyse musicale aux conservatoires de Liège et de Mons (Arts2). Il a donné de nombreuses conférences et publié plusieurs articles pour les Fascicules d’analyse musicale publiés par la Société belge d’analyse musicale, mais également pour divers ouvrages publiés aux éditions Mardaga ainsi que pour la société française de psychanalyse et la revue Musurgia.

Il publie également en 2004 un livre consacré à l’analyse musicale « Comprendre les œuvres tonales par l’analyse » aux éditions Delatour-France, un outil didactique pour la théorie musicale élémentaire « Solfède » aux éditions Avogadro (2005) et « Messagesquisse de Pierre Boulez – lorsque matériau, temps et formes s’harmonisent » pour l’académie Royale de Belgique (l’Académie en poche, 2012).

 

Photo: Isabelle Françaix (©2022)